MA SIMULATION

Certains assureurs proposent des mécanismes pour limiter vos pertes en cas de baisse de marchés. Voici tout ce qu’il faut savoir. 

Au cours des mois ayant précédé la pandémie, les épargnants étaient incités à intégrer davantage d’unités de compte (actions, Sicav, FCP, etc., lesquelles, pour rappel, sont des instruments financiers pouvant engendrer des moins-values et une perte en capital, contrairement aux fonds euros) dans leur contrat d’assurance vie. Une stratégie assumée de la part des assureurs qui font face à un environnement de taux bas voire négatifs et une réglementation européenne qui les contraint à repenser leurs offres.

Depuis le début de l’année 2020, les versements sur les supports en unités de compte ont représenté 11,6 milliards d’euros, soit 36% des cotisations selon la Fédération française de l’assurance (FFA)

Contrairement aux fonds euros – qui offrent, eux, une protection de l’épargne investie et dont les rendements sont garantis (mais ils tendent à diminuer, ils sont passés de 1,80% en 2018 à 1,40% en 2019) – les unités de comptes sont investies sur différents marchés et peuvent, en cas de retournement, réduire significativement la rentabilité des contrats d’assurances vie auxquels elles sont adossées. D’où la nécessité de limiter le risque.

Or, il existe un mécanisme qui a fait son apparition dans les années 2006-2007 au sein des contrats d’assurance vie avec pour ambition de limiter les pertes en cas de baisse des marchés sur les fonds les plus volatils. Son nom: le “stop loss”.

Stop loss relatif ou absolu

Un peu comme pour certains ordres passés directement en Bourse, ce mécanisme de limitation des pertes est activé dès lors que la valeur d’un fonds dans lequel on a investi atteint un seuil de moins-value (fixé d’avance). Ce mécanisme permet d’en déclencher la vente et donc d’éviter à l’investisseur d’engranger davantage de pertes. Les fonds sont ensuite basculés sur une autre partie du contrat, généralement la partie en fonds euros du contrat qui garantit le capital.

Il existe deux types de stop loss pour les assurances-vie : relatif ou absolu. Un stop loss dit absolu se déclenche par rapport à votre mise initiale. Si vous perdez le montant déterminé (par exemple 10%) de votre capital investi au départ, la vente (de tout ou partie) du fonds s’enclenche. Avec un stop loss dit relatif, ce n’est pas la mise de départ qui compte mais le point le plus haut atteint par le fonds concerné. Si ce dernier baisse de plus de 10% (pour conserver notre exemple), la vente s’enclenche alors. 

Pour mieux comprendre, imaginez que vous ayez 10.000 euros au départ investi dans un fonds via votre assurance-vie. Vous fixez un stop loss de 10%. Avec un un stop loss absolu, la vente se déclenche si votre capital passe sous les 9.000 euros. En revanche, avec un stop loss relatif, ce seuil va bouger. Imaginez qu’entre-temps, la valeur de votre capital avait progressé jusqu’à 15.000 euros (sans chute de 10% ou plus dans l’intervalle). Dans ce cas-là, c’est lorsque votre capital passera sous la barre des 13.500 euros que la vente se déclenchera.  

On notera que la vente ne concerne pas nécessairement la totalité de l’investissement de départ. Il est possible de prévoir simplement d’alléger la mise à l’atteinte d’un seuil prédéfini. Ce qui vous permet de ne mettre à l’abri qu’une partie de l’investissement (par exemple 10% ou la moitié de la mise de départ), tout en restant investi sur le reste de votre épargne. 

Des coûts inévitables et une réactivité perfectible

Le “stop loss” offre donc un filet de sécurité appréciable. Mais il n’est pas totalement dénué d’inconvénients. D’une part, il faut parfois consentir à des frais de gestion un peu augmentés pour pouvoir disposer de cette option. L’assureur le justifie par la surveillance nécessaire des marchés pour déclencher l’ordre. Ensuite, il faut choisir un stop loss qui correspond bien à la nature du placement. Par exemple, un stop de 5% n’est pas adapté à un placement lié aux marchés actions où la volatilité est naturellement forte: trop serré, la vente risquerait de se déclencher trop vite, faisant perdre à l’épargnant des opportunités de rebond. 

En outre, le délai d’arbitrage n’est pas immédiat. “Le problème avec les fonds communs de placement (FCP – NDLR), c’est que leur valorisation est quotidienne, mais pas à la seconde”, explique Philippe Parguey, directeur général de Nortia. “Dès qu’une compagnie d’assurance constate la baisse, elle déclenche l’option de vente… Sauf qu’entre le moment où le fonds franchit le seuil de vente et la vente, il peut se passer un jour, deux jours, voire plus. Et c’est bien là tout le problème”, pointe l’expert. Car en cas de baisse brutale des marchés, ce délai de traitement peut générer, pour le détenteur du contrat, des pertes encore plus importantes que la limite fixée par le “stop loss”.

Un point de vue que partage Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne. Selon lui, ces délais de gestion courant sur plusieurs jours n’ont rien d’étonnants.

“Les compagnies traditionnelles ne font pas de temps réel. Elles déclenchent des ventes de façon groupées car elles gèrent des milliards d’euros d’encours et qu’elles ne disposent pas des moyens techniques suffisants. Certaines fintech de l’assurance vie gèrent des enveloppes du pures actions, d’unités de compte et disposent d’une architecture informatique adaptée. Il s’agit d’assureurs en ligne par exemple. Mais ces derniers gèrent un volume d’encours moindre et parce qu’ils œuvrent sur internet, l’automatisation est plus facile. Ce qui n’est pas le cas des acteurs traditionnels qui n’ont pas mis en place ces options dès le départ”.

“Ce sont des options ‘tarte à la crème'”, renchérit Philippe Parguey. “Hyper judicieuses sur le papier, mais pas opérationnelles dans la réalité de l’assurance vie. Le souci tient principalement au fait qu’il est expliqué au client que dès lors qu’un certain seuil est franchi, on vend. Ce que le client traduit par: ‘je ne perdrai pas plus que le seuil défini’. Il faudrait que les assureurs abandonnent ce levier car cette gestion quotidienne et non à la minute n’est pas suffisante”.

Source : BFM Business

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